IMILCHIL EST UN RENDEZ VOUS D’AMOUR
Introduction :
Le nom Imilchil est un nom (amazigh),composé de deux mots « Imi » « n’chil » ou« kil » qui signifie : la porte, la bouche ou la source d’approvisionnement ou l’endroit où en s’approvisionne.
Le moussem des fiançailles d’Imilchil, est une manifestation ancestrale célébrée chaque année au milieu du mois de septembre, après une bonne moisson et récolte d’été, les tribus des Aït Hdiddou se donnent rendez vous autour du sanctuaire de Sidi Hmad Oulamghani pour échanger leurs récoltes et célébrer les fiançailles des jeunes de Aït Hdiddou tout en s’approvisionnant en aliments nécessaires (sucre, huile, habillements,etc.) pour faire face à l’hiver rude et enneigé, puisque la région se situe sur la chaîne du Haut-Atlas à une altitude de 2500 m.
Ce lieu sacré se trouve entre deux vallées perchées appelé Assif Melloul, pays des AïtIazza et des Aït Brahim deux fractions qui forment la tribu des Aït Hdiddou. Le cercle d’Imilchil est constitué de 5 communes rurales : Imilchil, Amougueur, Aït Yahya, Outerbate et Bouzmou, il compte quelque 30 mille habitants des trois tribus : Aït Hdiddou, Aït Abdi et Aït Yafelman. La population locale d’Imilchil se caractérise par une extrême pauvreté. En effet, le revenu par habitant ne dépasse guère les 2000 dirham par an , et le taux d’analphabétisme dépasse largement la moyenne nationale.
Le mariage chez les Aït Hdiddou : un mythe et une légende
Le Romeo et Juliette de l’Atlas !:
Le festival du mariage chez la tribu des Aït Hdiddou remonte à des temps immémoriaux, fortement ancrés dans l’histoire des Amazighs de cette région du Haut- Atlas. D’après une légende millénaire tissée autour de deux lacs perchés « Isli » et«Tislit» (le fiancé et la fiancée ) qui prétend qu’autrefois deux jeunes amants de tribus différentes avaient décidé de se marier mais n’ayant pas pu obtenir le consentement des parents et des deux chefs de tribus qui ont été en conflits permanents, ils décidèrent deregagner les cimes des montagnes de l’Atlas et se mirent à pleurer La fille « tislit » commença la première à chanter cet interdit contre nature dans ces termes :
« Je te dis mon ami
La malédiction de l’amour
Ce sont les anciens… »
Isli lui renvoya son izli ainsi:
« Je te jure que tu m’as séparé de ma tête
Et que les gens passent
sans que je les reconnaisse »
Tislit:
« Je te dis et redis:
Ton amour est comme qui mangerait
une épie d’orge
jamais mon cœur ne s’en rassasie »
Isli :
« je mange
et dès que je pense à toi Ton absence est un obstacle
entre moi et la nourriture »
Après quelques temps, la faim la soif, la tristesse et l’incompréhension eurent raison de leur corps périssables. Le deuil enveloppa la région.
C’est alors q’un miracle vint rappeler aux hommes leur cruauté : aux deux endroits où les deux jeunes sont morts, deux lacs se formèrent de leurs larmes. Depuis, l’un porte le nom d’Isli, l’autre celui de TisliT ( le fiancé et la fiancée en Tamazight ).
Secoués par la douleur et le miracle, les sages des deux tribus prirent une décision historique : « dorénavant, aucun obstacle d’aucune sorte ne viendra entraver l’amour.
Même en temps de guerre, les amoureux seront libres de circuler dans les territoires adverses, de s’y marier s’ils le désirent .
Pour ne pas oublier cette tragédie et afin de raviver le pacte et le traduire dans la pratique, on décida de tenir un festival annuel à mi chemin entre les deux endroits du drame : entre les deux lacs : Isli et tisli…
NB=Les verts sont à l’origine en langue berbère c’est pour cela la traduction en français n’est pas toute a fais juste …
1-Par « Amazigh » nous spécifions la population Berbère.
2-« Aït » ça veut dire originaire
de comme « Aït hdiddou »
originaire de la tribus hdiddou.
3-2000 Dirham presque 177 Euro.
Le lac d’Isli (le fiancé)
le lac de Tislit (la fiancée)